Kin BasketBall

John Mabonze et Rosette Luyina en situation d’handicap mais sportifs.

A Kinshasa, quelques sports pour  PVH (Pesonnes Vivant avec Handicap) sont pratiqués grâce à l’ACOSHI (Association Congolaise des Sports pour Handicapés et Invalides) qui existe depuis le 23 janvier 1990.

Cette association née des travaux d’animation des Activités Physiques Adaptées que Messieurs Denis Tungu et Robert Dikazolele, tous deux Éducateurs  Physiques,  ont réalisé dans les structures de prise en charge aux centres  pour personnes vivants avec Handicap, notamment au Centre Kikesa, au Centre pour Handicapés de l’Armée du Salut et au Centre National d’ Apprentissage pour Handicapés et Invalides aspire à un Congo où  le handisport sera pratiqué, pleinement reconnu et les athlètes vivants avec handicap respectés, partenaires actifs de la construction d’une association basée sur l’amour, la volonté de justice, la fraternité, la solidarité et la performance sportive.

Lors de la la journée scientifique organisée à l’Université de Kinshasa par le département de médecine physique et réadaption, sous le haut patronage du doyen de médecine, nous nous sommes entretenus  avec deux des plus jeunes athlètes de l’association: John Mabonze et Rosette Luyina. Ils ont tous les deux débuté leur carrière sportive au sein de l’ACOSHI il y a 4 ans et sont déterminés à la poursuivre pour devenir des athlètes de haut niveau.

Qui sont ces deux jeunes gens?

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John Mabonze dit « Petit Jean »

John Mabonze, 22 ans, pratique le basket-ball en fauteuil roulant ainsi que l’athlétisme. Il a été encouragé à faire du sport grâce à  son grand frère qui jouait déjà au basket-ball en fauteuil roulant. Avec l’accord de sa famille, son frère le conduit à l’Acoshi. « A l’association ils m’avaient très bien accueilli et le coach Robert a commencé à me former. Avec le temps je m’améliorais, je me suis même préparé pour les jeux de la francophonie, à Nice, mais je n’ai malheureusement pas pu y participer. Des problèmes administratifs…Les dirigeants de l’ACOSHI nous soutiennent et sont pour le développement des sports paralympiques mais ceux qui dirigent ce pays, non. Ils nous tiennent à distance. Pourtant, des pays comme l’Angola, le Sénégal, l’Algérie participent à de grandes compétitions, pourquoi pas nous? Nous en sommes capables. Ce n’est pas parce que nous sommes handicapés qu’il faut nous négliger, nous sommes aussi capables de faire la fierté du pays ».

Malgré tout, John ne baisse pas les bras et continue à s’entraîner. Ce qui lui donne du courage c’est que premièrement il aime ce qu’il fait, non seulement parce que cela peut lui rapporter de l’argent mais d’abord pour le bien que cela procure à son corps, à sa santé.

Rosette Luyina

Rosette Luyina

A 24 ans, elle court les 100m, 400m et 1500m en fauteuil roulant et joue au basket-ball en fauteuil également.  Elle est une des rares femmes sportives que compte l’ACOSHI. Elle l’a intégré il y a 4 ans lorsque qu’une des ses « sœurs » amputées des deux jambes lui demande de faire du sport avec elle. « Je me suis dit, moi Rosette, handicapée, comment je vais pratiquer un sport? Et ma « sœur » m’a dit, viens et tu verras. Un jour nous nous sommes rencontrées au Stadium de Martyrs et le coach Robert était présent. Il m’a montré que le sport pour les PVH existe, ça m’a vraiment motivée et j’ai commencé à sensibiliser des personnes comme moi, handicapées, à leur montrer que le sport est une valeur positive. Et si j’ai un conseil à donner aux filles et femmes handicapées s’est de pratiquer un sport, de se sentir capable, de ne pas se décourager. Moi par exemple, je joue au basket avec les hommes, je fais de l’athlétisme et mon soucis est de devenir un athlète de haut niveau ».

Victime des mines en fuyant dans la forêt, entre Goma et Rutshuru, pendant la guerre, Rosette Luyina a dû être amputée d’une jambe. Elle avait 12 ans.

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